Square Saint-Louis maisons victoriennes emblématiques

Le Square Saint-Louis et ses mystères

Le square Saint-Louis est l’un des plus connus et photographiés de Montréal avec ses maisons victoriennes colorées,

De nombreux illustrateurs ont immortalisé ces maisons sous leurs pinceaux. Je ne fais pas figure d’exception. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai déjà peint 8 de ses maisons et une neuvième est en cours…

Une carte « Histoire » lui est dédiée, et j’ai décrit plusieurs de ses anecdotes sur sur les réseaux sociaux.

Pour autant, un peu comme une mamie qui écrit ses mémoires, je voulais écrire un article qui rassemble ce que j’en sais.

Suivez-moi à la découverte de ce lieu emblématique !

Au croisement de la Rue Drolet et du Square Saint-Louis

L’origine du Square Saint-Louis  

Situé au bout de la Rue Drolet, au niveau de la station de métro Sherbrook, il est à l’origine bâti autour d’un réservoir d’eau.

Ce réservoir s’avère insuffisant lors de l’incendie de 1862. Il est mis hors service en 1869 et remplacé par le réservoir MacTavish.

Cependant, il faudra attendre 10 ans pour que le site soit asséché. Son aménagement résidentiel commence à partir de 1879.

De par sa situation au nord du quartier latin, qui compte de l’université francophone, il attire l’élite francophone.

Carte de Montréal - Square Saint-Louis

de la bourgeoisie francophone aux années 70

À partir des années 1930-1940, Outremont devient le nouveau quartier intellectuel français, vidant le Square Saint-Louis de la bourgeoisie.

Dans les années 1970, des figures artistiques, culturelles et médiatiques achètent plusieurs maisons qui bordent le square.

Parmi eux on compte notamment le couple formé par la chanteuse Pauline Julien et l’écrivain et homme politique Gérald Godin. Ils vivaient au 336 Rue du Square Saint-Louis.

Pour l’anecdote, Pauline Julien a refusé de chanter devant la reine Elizabeth II par convictions patriotiques et indépendantistes.

On peut citer également l’académicien, écrivain et réalisateur Dany Laferrière. Il écrit son livre « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » sur les abords sur square. À l’époque, il vivait en colocation sur la rue Saint Denis.

Enfin, la peintre Miyuki Tanobe dont les oeuvres ont traversé le temps. Elle a peint de nombreuses scènes de rues montréalaises dans un style qui lui est propre. Encore aujourd’hui, on retrouve beaucoup de ses oeuvres sur des produits dérivés tels que des puzzles ou des jeux de carte.

Je vais arrêter ici mon énumération, la liste complète pourrait faire l’objet d’un article complet !

Les maisons du square saint-Louis

Les maisons victoriennes que l’on retrouve aux abords du square Saint-Louis ont principalement été construites entre 1880 et 1920.

Elles arborent une abondance d’ornements en bois et sont construites avec des matériaux nobles tels que la pierre et l’ardoise.

Le style second empire, avec ses ornements chargés, prédomine largement, mais il n’est pas le seul représenté.

On retrouve par exemple la magnifique Maison Marances de Rosay (3500 Avenue Laval) avec son style Queen Anne. ainsi que la maison château (357 rue du Square) et son style Néo Roman.

À l’origine, les maisons victoriennes arborent des couleurs sobres et même plutôt sombres. Les couleurs vives qui en font la popularité sont apparues après les années 1970.

On attribue souvent ces couleurs à l’immigration portugaise. Tout comme les peintures vives de certaines maisons en briques sur la Rue Drolet par exemple.

Une anecdote à citer ici ? Le poème « Lettre au maire Jean Drapeau » de Michel Bujold sur la façade latérale en brique du 336 rue du Square. Cette maison, avec sa lucarne-pignon aux cœurs rouges qui appartenait à Pauline Julien et Gérald Godin.

336 rue du Square Saint-Louis
336 Rue du Square Saint-Louis

Le Prix citron de l’ITHQ

Autrefois, le square était bordé par l’école protestante Aberdeen, un magnifique bâtiment dans un style victorien.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Si une histoire liée à cette école mérite d’être citée, c’est la grève des élèves en 1913. À l’origine de ce mouvement, une enseignante de l’école a tenu des propos antisémites.

En réponse, les élèves alors âgés de 12 ans pour les plus vieux, se mettent en grève. Ils veulent alors obtenir des excuses de l’enseignante. Cette histoire qui semble anecdotique sera pourtant le début d’un tournant dans la scolarité des enfants juifs.

Plusieurs années plus tard, la démolition de l’école est une réelle perte pour le patrimoine bâti montréalais.

Beaucoup ont condamné la construction en 1976 de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ). Il reçoit le premier prix Citron de la Société d’architecture de Montréal. On reproche alors l’esthétisme du bâtiment qui ne s’intègre pas au style architectural victorien du square Saint-Louis.

En conclusion…

Il y a encore beaucoup à dire sur le Square Saint-Louis. La vespasienne octogonale déplacée ici depuis le square Viger dans les années 1970 et transformée en Kiosque.

L’emplacement de l’ancien réservoir d’eau qui a été un parc de jeu pour enfant à la fin des années 1960.

On pourrait également parler du poète Émile Nelligan, dont on retrouve sur le square un buste en bronze, ou du monument à Octave Crémazie.

Mais je vais m’arrêter ici pour aujourd’hui !

Pour écrire cet article, je me suis beaucoup appuyée sur mes livres de Montréal. Vous pouvez en trouver la liste dans mon article dédié.

Pour aller plus loin, je vous laisse ici d’autres sources qui m’ont aidée :

Je vous remercie de m’avoir lue jusqu’au bout !

À très vite pour de nouveaux articles de coulisses !!

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